Comment un éléphant peut-il vivre dans le désert ?
Et pourtant, dans le nord-ouest de la Namibie, certains éléphants vivent dans l’un des environnements les plus arides d’Afrique. Du reg et non des grandes dunes, mais tout de même. Une pluviométrie famélique et des arbres aussi rares que rachitiques, au milieu desquels coulent des rivières, certes, mais très éphémères.
Ces conditions limitent le nombre de grands animaux, et pourtant… des éléphants subsistent et s’accrochent à ce décor minéral… Contrairement à ce que l’on entend parfois, il ne s’agit pas d’une espèce différente, ce sont des groupes qui ont progressivement adapté leurs comportements aux conditions extrêmes du désert. Ces indigènes habitués à la savane n’ont pas « conquis » le désert en quête d’horizons nouveaux comme des explorateurs téméraires, ce sont des décendants de familles plus casanières que d’autres qui ne sont pas partis vers l’est au fur et à mesure que leur habitat est devenu plus aride.
Ils parcourent parfois plusieurs dizaines de kilomètres en une seule journée pour rejoindre un point d’eau et ajustent leurs déplacements au rythme des rares pluies. Les habitants locaux les connaissent bien et les craignent aussi. En général il y a bien des dégats dnas leur sillage.
Mais pour le visiteur, voir un éléphant surgir au détour d’une vallée minérale du Damaraland ou du Kaokoland procure une émotion très différente d’un safari classique… Peut-être parce que l’on a alors l’impression d’observer quelque chose qui ne devrait pas exister et qu’on est inconsciemement bouleversé par leur incroyable capacité d’adaptation…
De plus de 3000 individus estimés au début du 19ème, leur population s’est éffondrée au cours du siècle dernier. Toujours la même cause : les hommes d’abord et l’évolution du climat ensuite. Et puis les « conservancies » locales se sont mises à l’oeuvre…. Aujourd’hui on estime leur population à 700 têtes environ, qui se déplacent au grè des ressources disponibles sur un territoire équivalent à la surface du Portugal….
Donc les pister pour les observer recquiert de la patience et de l’abnégation, sans oublier les compétences d’un ranger expérimenté et aussi un peu de chance… ainsi doit aller la philosophie du voyageur naturaliste venu observer la faune dans son environnement naturel.
Rien n’est garantit, tout est surprenant, tout est un cadeau et rien ne s’oublie. Ici (et c’est tant mieux) pas de minibus parechoc contre parechoc pour mitrailler une famille de pachidermes égarés (quand bien même il ne s’agirait que de salves de déclencheur d’appareil photo). Le désert a ses exigences propres qui ne conviennent pas à tout le monde. L’humilité est une bien belle vertu en ces lieux, ne l’oubliez pas avant d’y aller et vous verrez, vous en redemanderez…
Tous les pays au climat exigeant dont la Namibie fait partie, ont ce talent particulier de nous rappeler que la nature trouve toujours matière à évolution et adaptation, là où nous voyons seulement des contraintes et des limites.
Certains diront peut-être que cette comparaison revient à mélanger les torchons et les serviettes. Je suis foncièrement convaincue du contraire. Quand on revient à l’essentiel objectif de notre condition naturelle, bon nombre de nos problèmes existentiels disparaissent…
Namibie : 2 saisons des pluies exceptionnelles, entre soulagement et gros dégâts
Après plusieurs années de sécheresse, la Namibie connaît depuis 2025 un retour brutal des précipitations. Si la nouvelle est globalement bonne pour les écosystèmes et les éleveurs, elle s’est accompagnée de drames humains significatifs.
2025 : la saison la plus arrosée depuis 16 ans
La saison 2024-2025 a été historique — février 2025 a enregistré les précipitations les plus importantes depuis seize ans. Mais l’abondance a rapidement viré à la catastrophe dans le nord : les régions de Kunene, Omusati, Oshana, Ohangwena et Zambezi ont été frappées par des inondations majeures, faisant au moins 16 morts dans la seule région d’Oshana, déplaçant des centaines de familles et submergeant villages et champs entiers.
2026 : Sossusvlei sous les eaux
La saison 2025-2026 a confirmé la tendance avec un événement rarissime : début avril, la rivière Tsauchab a atteint Sossusvlei en crue, inondant la piste qui mène au parking et transformant la cuvette argileuse au cœur du Namib en véritable lac. Un guide de Gondwana Lodges a confirmé des niveaux d’eau suffisants pour naviguer en canot pneumatique — du jamais vu depuis plusieurs années. Historiquement, une telle crue atteignant Sossusvlei était un événement qui se produisait environ une fois par décennie.
Ce que cela signifie pour les voyageurs
Les pistes du nord namibien peuvent devenir impraticables entre novembre et avril. Même les accès vers Sesriem sont concernés — certains rivières sur la route C19 ont forcé des détours importants, et des véhicules 4×4 se sont retrouvés embourbés dans le sable détrempé au-delà du parking. Avant tout road trip en saison humide, vérifier l’état des routes auprès des lodges locaux reste indispensable.
Conduire en Namibie est une expérience unique qui justifie à elle-même le voyage. Si vous rêvez de route 66, sachez que là-bas c’est la version premium platinum de l’image que vous vous en faites. Par contre attention, beaucoup de pistes, certaines sont 4×4 exclusive et toujours se renseigner sur leur état avant de partir, surtout au printemps (européen) car la fin de la saison des pluies réserve toujours des surprises. De nombreux groupes Facebook partagent ce genre d’info et les lodges sont normalement bien renseignés.